Signature électronique des marchés (R2182-3)

Code de la commande Publique

Dispositions du Code de la commande publique

Article R2182-3

Le marché peut être signé électroniquement, selon les modalités fixées par un arrêté du ministre chargé de l’économie qui figure en annexe du présent code.

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Signature électronique

Arrêté du 22 mars 2019 relatif à la signature électronique des contrats de la commande publique
NOR: ECOM1830224A
Version consolidée au 12 avril 2019

Article 1 

Lorsque la signature électronique est requise pour tout document sous forme électronique d’un contrat de la commande publique, il est signé selon les modalités prévues au présent arrêté.

Article 2


I. – Les acheteurs, les autorités concédantes et les opérateurs économiques utilisent une signature électronique conforme aux exigences du règlement susvisé, relatives à la signature électronique avancée reposant sur un certificat qualifié.

II. – Le certificat de signature électronique qualifié entre au moins dans l’une des catégories suivantes :

1° Un certificat qualifié délivré par un prestataire de service de confiance qualifié répondant aux exigences du règlement susvisé ;

2° Un certificat délivré par une autorité de certification, française ou étrangère, qui répond aux exigences équivalentes à l’annexe I du règlement susvisé.

Article 3 

Les formats de signature sont XAdES, CAdES ou PAdES tels que mentionnés aux articles 1 et 2 de la décision d’exécution (UE) n° 2015/1506 de la Commission du 8 septembre 2015 susvisée.

Article 4

Le signataire utilise le dispositif de création de signature électronique de son choix.

Article 5

I. – La validité de la procédure de vérification de la signature se constate par un contrôle fonctionnel qui porte au minimum sur les points suivants :
1° L’identité du signataire ;
2° L’appartenance du certificat du signataire à l’une des catégories de certificats mentionnées à l’article 2 ;
3° Le respect du format de signature mentionné à l’article 3 ;
4° Le caractère non échu et non révoqué du certificat à la date de la signature ;
5° L’intégrité du document signé.
II. – Ces vérifications peuvent être effectuées de manière automatisée, à l’exception de la vérification de l’identité du signataire.
Le système utilisé pour valider la signature électronique fournit le résultat du processus de validation et permet de détecter tout problème relatif à la sécurité.

Article 6 

Le mode d’emploi permettant de procéder à la vérification de la validité de la signature électronique est mis gratuitement à disposition lors du dépôt de document signé.
Toutefois, lorsque le signataire utilise le certificat visé au 1° du II de l’article 2 et l’outil de création de signature électronique proposé par le profil d’acheteur, il est dispensé de transmettre la procédure de vérification de la signature électronique.

Article 7

La signature électronique peut être apposée au moyen d’un parapheur électronique.
Le parapheur électronique est un outil disposant de fonctions autorisant, au moins, le regroupement de documents à valider ou signer, la signature d’un même document par plusieurs signataires, sans en altérer l’intégrité, que l’utilisation soit locale ou en ligne.

Signature du marché

DAJ 2019 – L’achèvement de la procédure : conclusion du marché public et mesures de publicité

La signature de son offre par l’attributaire pressenti et la vérification de la capacité juridique du signataire La réglementation n’impose pas, pour l’ensemble des procédures de passation des marchés, la signature de la candidature et de l’offre par les opérateurs économiques.

À moins que l’acheteur ne l’ait exigé dans les documents de la consultation, les offres peuvent donc être remises sans signature. Avant de conclure la procédure par l’envoi des différentes notifications, il est donc impératif que l’acheteur demande au candidat attributaire de signer son offre. Pour les groupements, il est également nécessaire d’exiger la signature, par l’ensemble des membres, des habilitations visées à l’article R. 2142-23 du code (marchés classiques) et à l’article R. 2342-12 du code (marchés de défense ou de sécurité).

Le formulaire ATTRI 1, qui constitue un modèle d’acte d’engagement permettant de formaliser la conclusion du marché , peut être utilisé à cette occasion27 . Conformément à l’article R. 2182-3 du code (marchés classiques) et à l’article R. 2382- 3 du code (les marchés de défense ou de sécurité) , ce formulaire peut être signé électroniquement, et doit l’être dès lors que cela est requis par les documents de la consultation28 .

L’acheteur doit également vérifier que le signataire de l’offre dispose bien de la capacité juridique pour engager l’opérateur économique ou le groupement qu’il représente. Il peut exiger, à cette fin, l’ensemble des justificatifs nécessaires29 . Pour les groupements en particulier, l’acheteur doit exiger l’habilitation du mandataire signée par l’ensemble des membres. Si l’attributaire pressenti ne peut produire les documents justificatifs demandés par l’acheteur dans les délais impartis, sa candidature devra être rejetée conformément à l’article R. 2144-7 du code (marchés classiques) et à l’article R. 2344-4 du code (marchés de défense ou de sécurité). Ces derniers articles n’envisagent pas, en revanche, le cas où l’attributaire pressenti ne signerait pas son offre. Dans une telle hypothèse, l’acheteur pourrait reprendre l’analyse des offres. Le juge administratif a, en effet, admis que l’acheteur pouvait procéder à un nouvel examen des offres et retenir l’offre d’une société autre que celle initialement retenue lorsque la décision d’attribution du pouvoir adjudicateur a été fondée sur des éléments entachés d’erreur matérielle30, de fraude31 ou de dol. Or, dès lors que le soumissionnaire ne signe pas l’offre sur laquelle l’acheteur pouvait, au moment de son analyse, raisonnablement penser qu’il s’était engagé, il peut être considéré que la décision de l’acheteur a été fondée sur un comportement trompeur du candidat, justifiant ainsi la reprise de l’examen des offres.

A condition de l’avoir prévu dans les documents de la consultation, l’acheteur pourrait également solliciter directement le soumissionnaire dont l’offre a été classée immédiatement après.

En outre, si le titulaire pressenti refuse de signer l’offre ou s’abstient de le faire dans les délais prescrits :
– L’acheteur peut, sur la base du commencement de preuve d’engagement (l’offre transmise et qui n’a pas été signée), rechercher la responsabilité de l’opérateur économique et, notamment, lui réclamer la différence entre le montant de son offre et le montant de l’offre qu’il a été amené à signer du fait qu’il a dû conclure le marché avec un soumissionnaire moins bien classé ;
– L’acheteur doit se poser la question d’une éventuelle entente avec un autre candidat (offre de couverture) et, en cas de doute, signaler les faits aux services de la DGCCRF pour éviter de se faire complice d’une telle pratique.

Si l’opérateur économique concerné se représente lors d’une prochaine procédure, l’acheteur pourrait juridiquement exiger de lui, en cours d’analyse des candidatures et des offres, qu’il signe ses engagements et produise immédiatement les habilitations nécessaires, afin d’éviter que la difficulté ne se reproduise.

27 Disponible sur le site de la direction des affaires juridiques à l’adresse suivante : http://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/daj/marches_publics/formulaires/ATTRI/imprimes_attri /ATTRI1-2016.doc. 28 L’acheteur peut, en effet, pour les marchés de défense ou de sécurité imposer la transmission des candidatures et des offres par voie électronique (Art. R. 2332-11 du code). ). 29 CE, 24 février 2016, Société SNN, n° 394945. 30 CAA Paris, 10 février 2004, Préfet des Yvelines c/Op

Formulaires associés : ATTRI 1

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