Le monde fantastique des marchés publics – Tome 2 : quand la performance achats devient une épopée

Code : Commande Publique

Le monde fantastique des marchés publics – Tome 2 : quand la performance achats devient une épopée

Après un premier opus remarqué consacré à la quête – parfois illusoire – de simplification des marchés publics, Yannick Tissier Ferrer poursuit son œuvre singulière avec la parution du Tome 2 de la saga Le monde fantastique des marchés publics, sous-titré Les artefacts de la performance achats. Un second volume qui confirme l’originalité de la démarche : traiter de la commande publique par le prisme de la fantasy, sans jamais sacrifier la rigueur technique.

L’achat public : une discipline à deux jambes

Le Tome 1 s’attachait à la dimension juridique de l’achat public, à la posture de l’acheteur et à cette quête permanente de simplification qui traverse toutes les organisations. Le Tome 2 opère un déplacement assumé : il s’intéresse désormais à la dimension économique de l’achat, rappelant avec justesse que la commande publique “marche sur deux jambes” – la sécurité juridique et la performance économique.

Ce choix n’est pas anodin. À l’heure où les acheteurs sont soumis à des contraintes budgétaires accrues, à des tensions sur les approvisionnements et à une inflation durable, la question de l’optimisation financière des achats publics est plus stratégique que jamais. L’ouvrage s’inscrit donc pleinement dans les préoccupations contemporaines des directions achats et des services commande publique.

Une intrigue au service des enjeux de performance

Dans ce second tome, l’ennemi se précise. Ulrich-le-Terrible, Empereur de Hors Marchés, prépare une revanche implacable contre la Guilde des Acheteurs. Ses armes :

  • le sortilège de l’inflation,
  • la contrebande,
  • les offres anormalement basses,
  • et l’allongement des délais de paiement.

Autant de fléaux que les praticiens reconnaîtront sans difficulté dans leur quotidien professionnel.

Pour y faire face, la Guilde devra réunir les artefacts de la performance achats. Chacun d’eux symbolise une technique, un levier ou une bonne pratique permettant d’optimiser financièrement les achats, de sécuriser l’exécution des contrats et de lutter contre les dérives du “Hors Marchés”. Derrière la métaphore, le lecteur retrouve des concepts très concrets : pilotage économique, stratégie fournisseurs, analyse des coûts, performance contractuelle, maîtrise des risques.

Une écriture plus immersive, des concepts encore mieux intégrés

Yannick Tissier Ferrer a également fait évoluer son processus d’écriture. Ce Tome 2 se veut plus fluide, plus immersif, avec une intégration encore plus fine des concepts achats dans l’intrigue. Le résultat est convaincant : les notions techniques ne sont jamais plaquées, elles s’insèrent naturellement dans le récit, rendant la lecture accessible même aux non-initiés.

Cette capacité à vulgariser sans appauvrir est l’une des grandes forces de l’ouvrage. Les professionnels des achats y trouveront matière à réflexion sur leurs pratiques, tandis que les amateurs de récits fantastiques pourront se laisser porter par l’aventure sans se sentir enfermés dans un manuel technique déguisé.

Un univers qui s’enrichit

Le lecteur retrouve avec plaisir les personnages du Tome 1 – Flo, Alan, Arno et Chan – et découvre de nouvelles figures qui enrichissent l’univers :

  • Chorus,
  • les elfes du clan de la DAE,
  • les dryades de la CRC,
  • et la jeune acheteuse Kara.

Ces clins d’œil à l’écosystème réel de la commande publique sont autant de sources d’humour que de reconnaissance pour les praticiens, qui s’amuseront à décrypter les références.

Une lecture utile… et salutaire

Au-delà du divertissement, ce second tome invite les acheteurs publics à une véritable introspection. Sans jamais être moralisateur, il interroge, “non sans malice”, l’efficacité des pratiques, le juste équilibre entre sécurisation juridique et performance économique, et la capacité des organisations à sortir d’une approche purement procédurale pour entrer dans une logique de création de valeur.

Dans un contexte où l’achat public est sommé de contribuer à la soutenabilité financière, à la transition écologique et à la performance des politiques publiques, cette réflexion est particulièrement bienvenue.